L’évolution des pratiques informatiques au sein de la majorité des entreprises dans le monde, désormais couplée au potentiel des technologies de process mécatroniques et robotiques, conduit à un nouvel espace de concurrence sur le segment des engagements de service et des délais de livraison. L’entrepôt connecté apporte une réponse logistique à ces nouvelles contraintes.

Il n’est désormais plus rare de voir les délais de livraison s’afficher à H+1 autour des grands centres urbains (la livraison est garantie 1 heure après l’enregistrement de la commande). Pour garantir ces performances, on a recours aux entrepôts « connectés » (4.0). Ils bénéficient d’une architecture informatique et d’une interface IT qui permettent une interopérabilité en temps réel avec tout prestataire ou fournisseur référencé et contribuent au développement des market places (Amazon, Price Minister…).

Concept d’entrepôt connecté

L’entrepôt connecté est un centre de distribution logistique automatisé qui permet une forte réactivité cognitive et physique, car il est servi par un puissant système de traitement de l’information. Ce système gère une base de données (base et code article fournisseurs, stock et disponibilité, DLV, prix et conditions, etc.) en Open Source ainsi qu’une base d’échanges et de transferts de données, ouverte et accessible aux prestataires (conditions et coûts de transport) et aux clients directs (adresse et horaire de livraison).

De fait, l’entrepôt devient un hub de répartition et de messagerie, en raison de son positionnement géographique et de sa capacité à massifier opportunément la disponibilité et la diversité des produits.

Dans le cas de la grande distribution, le processus de traitement des commandes (stockage + picking + préparation + expédition) s’opère sur la base d’un stock et dans une logique de préparation de commandes à la palette multi-références, mais aussi au colis pour les applications Internet. L’entrepôt peut ainsi servir les Drives, ou encore les consignes et points relais implantés dans les galeries commerciales. Ces derniers requièrent un traitement des produits à l’unité (UV).

Les activités du e-commerce, qui tirent des flux de détail (UV/SPCB/PCB/SKU) à l’échelle mondiale, entraînent une course concurrentielle à la réactivité. La disponibilité du produit, que l’on obtient instantanément à l’écran, détermine le choix du fournisseur, l’affichage du prix pouvant être secondaire.

Grace à cette simultanéité des échanges d’information et au recoupement de la recherche de disponibilité, un produit « exotique » commandé le lundi en France peut vous être livré de Chine, le lendemain, cela grâce à un ensemble de maillons de prestataires connectés sur un réseau partagé en ligne.

Design et mise en œuvre d’un entrepôt connecté

La conception de cet espace repose sur une analyse fonctionnelle précise du système de traitement de l’information, ainsi que sur une spécification technique détaillée du cahier des charges des équipements du process.
Il s’agit de synchroniser les flux (notamment les flux d’information avec les flux physique) et d’établir une compatibilité des systèmes d’échange des données, en évitant les systèmes hétérogènes. Les supports « standards » de type codes à barres, GS1, RFID et lecteurs divers, tablettes, portables, etc. vont dans ce sens. La qualité des communications garantit les transactions entre fournisseurs prestataires et consommateurs, que les administrations commerciales traceront et facturerons depuis leur ERP.

Pré-requis

  • Assurer une architecture du système de traitement de l’information robuste et capacitaire ;
  • Sécuriser l’information et les éco-systèmes ;
  • Fiabiliser les échanges de données, comme la revue de commande quantitative du donneur d’ordres, les accords avec les prestataires de service et de transport, l’adresse de livraison du client final en bout de chaîne, etc. ;
  • Automatiser la communication « d’objets » entre les sous-systèmes opérationnels de l’entrepôt pour parvenir à une réelle interopérabilité des équipements endogènes et exogènes ;
  • Gérer les référencements et fournisseurs ;
  • Gérer les commissionnements ;
  • Gérer les ruptures ;
  • Gérer les circuits et conditions de retour (reverse logistics) ;
  • Concevoir les process de manière évolutive et les dimensionner pour s’adapter aux vagues et cutt-ofs ;
  • Garantir des équipement robotique modulable et fongible ;
  • Prévoir la maintenance de l’IT et des process.

Enjeux

  • Réduction des délais d’acheminement ;
  • Gains de productivité ;
  • Gestion des ruptures en réseau ;
  • Réduction des coûts de l’entrepôt ;
  • Réduction des coûts de transport.

Impacts

La migration d’une infrastructure s’accompagne d’une explosion de la donnée disponible et d’une réorganisation totale de la chaîne de valeur, dont notamment :

  • la révision des circuits traditionnels de distribution (grossiste – semi-grossiste – détaillant) ;
  • l’amélioration des marges des fabricants-fournisseurs ;
  • la compression des marges du retailer ;
  • la création de nouveaux réseaux de transporteurs.
Etienne Page

Auteur Etienne Page

Diplômé de l'Ecole nationale des ponts et chaussées et de l'Université de Cambridge, Etienne est en charge du développement chez SDZ ProcessRéa. Chargé d'enseignement à HEC Paris, ses domaines d'expertise recouvrent la supply chain, le marketing et la stratégie.

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